Pour France Football, Gérard Houiller, entraîneur des Reds entre 1998 et 2004 a fait l'éloge de son ancien joueur, Jamie Carragher, qui a fêté ses 40 ans hier.

Avant d'arriver à Liverpool, connaissiez-vous Jamie Carragher ?
"Non, je l'ai découvert au début où il jouait milieu défensif. Après, comme on avait fait venir un milieu de terrain, il a joué latéral. Moi, je trouve que c'est bien qu'un défenseur démarre au poste d'arrière latéral car ça lui donne une perspective du jeu qui est différente de celle d'un arrière central. Jamie a longtemps joué latéral avant de passer dans l'axe. Beaucoup de joueurs démarrent à ce poste avant de passer central. Et quand il était jeune, il pouvait faire les allers-retours et il apportait beaucoup sur le côté."

Quelque chose vous a impressionné chez lui dès le départ ?
"J'ai le souvenir d'un type qui croquait vraiment dans la pomme ! Il voulait vivre ses heures de football au maximum. C'est son effort qui m'a le plus impressionné. Sa forme de leadership quelque part. Il est de la génération de Stevie (Steven Gerrard était capitaine) mais il faisait partie du groupe des leaders. Avec Jamie, vous fermez les yeux et vous êtes sûr qu'il va vous donner 100%. C'est quelqu'un qui est toujours à fond dans l'effort, que ce soit à l'entraînement ou en match. Ce n'est pas un calculateur, ça n'est pas quelqu'un qui se ménage. J'étais toujours impressionné par l'intensité qu'il mettait. Tout ce qu'il faisait, il le faisait bien."

Aurait-il pu prétendre au brassard s'il n'était pas tombé avec Steven Gerrard ?
"Il avait les mêmes vertus de leadership que Steven Gerrard. Stevie était à la fois un leader d'équipe, un leader charismatique, un leader technique et un leader d'effort. S'il n'y avait pas eu Steven Gerrard, je crois que Jamie Carragher aurait été le capitaine naturel. Il y a différents types de leaders. Par exemple à Lyon, Coupet était un leader charismatique, Juninho était un leader technique, Wiltord était un leader d'effort, Cris un leader de combativité. Jamie, lui, était un leader de combativité et d'effort. Ce qu'il dégageait était contagieux pour l'équipe. C'était un vrai compétiteur, il jouait pour la gagne. Lui dit qu'il a eu de la chance de m'avoir comme entraîneur, moi je lui réponds que j'ai eu de la chance d'avoir Jamie Carragher dans une équipe. Les vrais joueurs comme Jamie vous font gagner les matches. Et même sans avoir un talent aussi éclatant que d'autres, il était décisif pour son équipe."

Avait-il des défauts ? Sur quels points l'avez-vous fait progresser ? 
"Quand vous êtes entraîneur, vous ne vous occupez pas trop des défauts. Vous vous occupez surtout des qualités parce que ce sont elles qui vous font gagner les matches. Dans son livre, il dit que j'ai été un tournant dans sa carrière. Ma venue lui a apporté beaucoup. Il avait besoin d'être professionnel pour faire attention à son quotidien en dehors du terrain. Dans ce domaine-là, il a bien suivi mes conseils, sinon il n'aurait pas duré aussi longtemps. Dans la préparation invisible, il a beaucoup progressé. Il a dû faire 2000 entraînements dans sa carrière. Il aime le foot et le travail du foot, c'est-à-dire la préparation. Même pour les séances à l'entraînement, il donnait 100%. Chaque entraîneur cherche à avoir une influence sur le club ou les joueurs. Avec lui, c'était d'autant plus facile qu'il aimait le foot et qu'il avait vraiment envie de durer dans le métier et de progresser."

Source : francefootball.fr

Cet article est repris d'un média indépendant à Liverpool Football Club. Il n’est pas nécessairement représentatif de la position officielle du club.